Étude marketing sur les produits bio au maroc

Introduction
Le marché biologique connaît une progression considérable à travers le monde. Conscients de l’importance écologique et socio-économique de l’agriculture biologique, plusieurs pays industrialisés ont mis en place, pendant les dernières années, des programmes ayant pour objectif de promouvoir et de développer ce secteur via des subventions, des actions d’assistance technique et deformation. Le Maroc essaie lui aussi de suivre la tendance internationale, surtout qu’il dispose de potentialités importantes dans ce domaine.
Il y a quelques années, le marché des produits biologiques était considéré comme un marché alternatif à la consommation de masse. Il avait son propre réseau de production, de distribution et de consommation, mais restait très confidentiel. De nos jours, lesconsommateurs de produits biologiques deviennent une cible de marché à part entière pour les grands groupes alimentaires et pour les entreprises spécialisées dans ces produits. L’objectif étant de rendre le « bio » accessible au plus grand nombre de consommateurs et à moindre coût.
Le Maroc était l’un des premiers pays africains et arabes où les agriculteurs avaient lancé, depuis le début desannées quatre vingt-dix, des programmes de productions biologiques. Depuis, le mouvement a fait une progression considérable tant sur les plans technique et commercial que sur le plan social. Aujourd’hui, avec le développement fulgurant de ce secteur à travers le monde, les opérateurs marocains et étrangers se posent la question sur la situation actuelle au Maroc et sur les potentialités du pays dansce domaine.

I. L’agriculture biologique et les produits alimentaires bio dans le monde
L’agriculture biologique dépassait en 2007 les 31 millions d’hectares, avec de fortes variations régionales.

Surface cultivée bio par continent (en millions d’hectares)
Amérique du Nord
Amérique du Sud
Europe
Afrique
Asie
Océanie

2,2 5,8 6,9 0,9 2,9 11,8

Dans le monde entier, près de 31millions d’hectares sont utilisés pour la production biologique, répartis sur plus de 633 890 fermes. Cela représente environ 0,7 % de la surface agricole totale. Sept des dix pays du monde qui consacrent le plus de terres à l’agriculture biologique se trouvent dans l’Union européenne

II.L’agriculture biologique et les produits alimentaires bio au Maroc
1. L’offre

La culture bio n’est pas unphénomène neuf au Maroc. Une relecture du passé agricole du pays permet, par exemple, de découvrir le beldi, qualificatif qui désigne des produits venant de la campagne et cultivés par de petits producteurs de façon « naturelle », en somme, du bio avant l’heure. Cette tradition est encore de mise aujourd’hui, notamment lors des fêtes religieuses au cours desquelles les Marocains consommentessentiellement des produits beldi. L’arrivée du bio est en quelque sorte un retour au source. Il y a une cinquantaine d’années, semis et plantations étaient organisés autour du cycle lunaire. C’est un langage et une pratique que l’on retrouve aujourd’hui dans la « biodynamique ».
Si bio et beldi sont en somme très similaires dans leurs méthodes culturales, ils connaissent cependant une certainedifférenciation. La majorité des produits beldi n’ont pas à l’heure actuelle de certification bio. S’agissant de production naturelle à petite échelle, ils ne bénéficient pas de l’homologation internationale et ne sont donc pas exportables sous cette forme. En outre, les produits bios demeurent méconnus de la population car ils n’intègrent pas encore les circuits de commercialisation. Aussi bien sur lemarché national qu’international, le beldi représente donc un fort potentiel dans le secteur du bio.
Les premières productions biologiques remontent à 1986. Aujourd’hui, avec le développement de ce secteur, à l’échelle mondiale, les opérateurs marocains se posent la question sur les potentialités du pays dans ce domaine. En plus des producteurs et des distributeurs, d’autres composantes de la…