Mortel

août 26, 2018 Non Par admin

Jean-Baptiste Chassignet (1570? – 1635?), Le Mépris de la vie et consolation contre la mort.

Mortel pense quel est dessous la couverture
D’un charnier mortuaire un corps mangé de vers,
Décharné,dénervé, où les os découverts,
Dépoulpés, dénoués, délaissent leur jointure :

Ici l’une des mains tombe de pourriture,
Les yeux d’autre côté détournés à l’envers
Se distillent en glaire, et lesmuscles divers
Servent aux vers goulus d’ordinaire pâture :

Le ventre déchiré cornant de puanteur
Infecte l’air voisin de mauvaise senteur,
Et le nez mi-rongé difforme le visage ;

Puisconnaissant l’état de ta fragilité,
Fonde en Dieu seulement, estimant vanité
Tout ce qui ne te rend plus savant et plus sage.

Jean-Baptiste Chassignet est un poète Franc-Comtois . Il s’est distinguépar les 434 sonnets du Mépris de la vie et consolation contre la mort (1594). Ce sonnet s’inscrit dans le mouvement baroque : témoignage de la Contre-Réforme catholique, l’art baroque ne craint pas dechoquer , d’impressionner ou d’émerveiller pour ramener le fidèle à la foi. problématique

Cette poésie vise à persuader le lecteur de se (re)tourner vers Dieu.

Annonce du plan

I.description horrible

A. par le réalisme macabre

Chair en décomposition : richesse du ch lex : pourriture, décharné, dépoulpé, distille en glaire, déchiré, rongé.

L’allitération en « r » pourraitsignifier les grincements, les craquements, l’horreur de ce spectacle macabre

Les rimes : vers ; rappelent la dévoration de la chair. Sonorités se retrouvent dans le v8.

Echos sonores mettent aussien valeur des vers particulièrement atroces, auxquels ils donnent une grande force expressive.

B. Par la repré de la mort comme anéantissement

À la fin du premier quatrain, on notel’accumulation des termes avec le préfixe dé- signe d’anéantissement. La mort est la dissolution horrible de l’enveloppe corporelle et matérielle.
On peut remarquer aussi le possible double sens de tombe :…