Mandine

août 26, 2018 Non Par admin

1)Une analyse prudente s’appuyant sur des thèses et analyses diverses .

Ce livre de Grégory Derville porte une analyse globale sur le pouvoir des médias. Il va s’intéresser à l’influence que les médias peuvent exercer sur notre société et le milieu politique, à travers leur histoire mais surtout en s’appuyant sur l’ensemble des thèses ,des expériences, des courants de pensée divers quiont permis de mieux comprendre les effets des médias. La confrontation de thèses et d’analyses empiriques est ici particulièrement pertinente pour comprendre l’impact direct que les médias peuvent avoir sur notre façon de penser et sur notre société en général. C’est sur cet aspect que Georges Derville va s’interroger dans un premier temps.

A)La toute puissance des médias.

L’analyse vaici porter sur la toute puissance des médias à travers la propagande et les premières thèses apparues sur les effets de celle-ci.

Ainsi , le paradigme dominant chez les premiers analystes des effets des médias et de la propagandes va être appelé le paradigme des effets puissants. L’effet des médias est pensé de façon radicale comme le confirment les premiers écrits avec parexemple : « Le viol des foules par la propagande politique »écrit par Serge Tchackotine et publié en 1939.Ici, l’individu est considéré comme impuissant devant l’effet des médias. Ceux ci empêchent la population de penser librement, les individus sont « affaiblis » par des messages répétitifs qui dictent leur façon de vivre et de penser ,de manière inconsciente ,ils sont manipulés par les émotions provoquéespar les médias. Les individus sont ainsi « formatés » par la propagande médiatique et sont considérés comme impuissants face à ce que certains auteurs vont appeler « stimuli » médiatiques. La propagande, selon ce concept semble avoir un effet magique, elle « hypnotise » le peuple.

L’auteur va relativiser ce concept de toute puissance des médias. Il va mettre en évidence des thèses qui montrentun effet limité des médias en replaçant l’individu dans son contexte social. Il va mettre en avant le travail de Lazarsfeld sur l’influence des médias (bureau of social applied research). Celui-ci va s’appuyer sur l’appartenance des individus à des groupes sociaux qui vont exercer, à leur tour des pressions orientant l’individu dans sa façon de s’exposer aux médias. Le groupe d’appartenanceconstitue un élément de l’identité de l’individu, qui va, ici aussi de manière pas toujours consciente le pousser à adopter un comportement conforme à ce groupe. Ce phénomène se constate durant les périodes de campagnes électorales. L’exposition de l’individu à la campagne n’est pas la même selon son groupe d’appartenance en terme de quantité mais aussi en terme de qualité. Les personnes s’exposant leplus à la campagne électorale sont souvent les plus intéressées par celle-ci. Elles sont bien souvent les mieux armées culturellement, leurs opinions sur la campagne et leurs décisions par rapport à celle-ci se font plus tôt. Les indécis ne seraient donc pas les plus exposés à la campagne bien qu’ils semblent plus facilement manipulables. Cependant leur choix tend à se soumettre bien plus aupressions du groupe qu’à l’influence des médias. Les personnes qui se fréquentent régulièrement sont souvent animées par les mêmes opinions et ont tendance à exclure les personnes ayant des idées différentes. Les personnes indécises adoptent fréquemment la décision du groupe plutôt que d’entrer en conflit avec celui-ci.

Katz et Lazarsfeld vont élaborer une théorie sur le rôle des leadersd’opinion, c’est l’hypothèse du tow-step-flow of communication. Cette thèse met en évidence le rôle de personnes ayant un fort intérêt pour les médias. Elles classeront les messages des médias en fonction de leurs opinions propres pour ensuite les transmettre au groupe. Ces personnes jouissent souvent d’une certaine légitimité, de charisme, et vont avoir une forte influence sur leur groupe. Ces…