La turquie et la question plaestinienne

novembre 30, 2018 Non Par admin

La Turquie et Israël
– PREMIERE PARTIE –

La sympathie réciproque entre les Turcs et les Juifs remonte à une époque assez ancienne. Cette affection mutuelle date du quinzième siècle, époque où les Juifs persécutés en Espagne se réfugièrent dans l’Empire ottoman, dirigé alors par le Sultan Beyazit ( Bajazet ). Les Juifs, chassés d’Espagne par le roi catholique Ferdinand et son épouse Isabelle( époque de la Reconquista, NdT ) vinrent se réfugier en Turquie, en particulier dans les deux grandes villes de l’époque, Istanbul et Salonique, où ils s’établirent durablement. Le Sultan Beyazit II, qui ouvrira largement les portes de l’Empire ottoman aux Juifs d’Espagne et du Portugal, ordonna que ceux-ci s’installent dans l’île de Sakiz. Les Juifs d’Espagne et du Portugal, convertis aucatholicisme en apparence seulement, et le plus souvent artisans spécialisés et aisés, ont commencé à quitter la péninsule ibérique, à partir de 1532. Une partie d’entre eux est venue se réfugier en Turquie.

LLa bienveillance et la sympathie entre les deux peuples se sont renforcées, au cours des siècles, à l’occasion de différents événements bien documentés par les historiens de l’Empire ottoman.Alors que des Juifs, fuyant la Russie tsariste, étaient venus se réfugier à Istanbul, dans les années 1891-1892, le Sultan Abdülhamit invita au sérail, au mois d’avril 1893, le grand rabbin de Turquie, Moshé Lévy, pour lui faire cette proposition : »Je sais que des Juifs, qui subissaient des persécutions dans différents pays, sont venus se réfugier en grand nombre dans le nôtre. Notre intention estd’installer ces Juifs réfugiés dans l’Est de l’Anatolie, afin qu’ils forment, avec des Juifs locaux, turcs, une formation militaire de cent mille hommes, qui sera rattachée à la Quatrième Armée de Turquie. Si un problème de nourriture casher devait se poser, je donnerais les ordres nécessaires afin que l’on prépare de la nourriture casher pour les Juifs, dans les casernes concernées. Qu’enpensez-vous, Monsieur le Grand Rabbin Efendi ? » (Avram Galanti, op. cit. , p. 18)Les Juifs accueillis par la Turquie aux jours difficiles, tout comme les Juifs turcs, défendirent vaillamment la Turquie, au cours de la Guerre d’Indépendance, contre les forces d’occupation occidentales, en particulier, contre la Grèce. Ce sacrifice fait par les Juifs a entraîné la nomination du rabbin Haïm Naum, grandintellectuel, en tant que conseiller de la délégation turque à la conférence de Lausanne, en 1922, par l’Assemblée Nationale ( Millet Meclisi ).Le tribut payé par les Juifs au cours des combats a été grandement pris en compte par Kemal Atatürk. Le 2 février 1923, à Izmir ( Smyrne ), l’avocat Rafaël Amato demanda à ce dernier : « Excellence, que pensez-vous des citoyens turcs de la religion mosaïque (les Juifs ), qui sont heureux lorsque les Turcs sont heureux, et attristés, lorsque les Turcs sont en deuil ?  » Le Gazi ( Mustafa Kemal Atatürk ) lui répondit : »Il y a parmi nous des éléments de différents peuples, qui ont uni leur destinée à celle des Turcs, peuple majoritaire de la Turquie. Parmi ces minorités, il y a les Israélites. Ceux-ci ont fait la démonstration de leur loyauté envers notrepeuple et notre pays. Ils ont toujours mené chez nous une vie confortable, digne et constructive, et ils continueront, à l’avenir, à mener une vie aisée et heureuse chez nous, en Turquie ». (Avram Galanti, op. cit., p. 86)( référence : Ali Karaosmanoglu : A Turkish View of Bilateral Relations with Israel. Actual Situation and Prospect of Turkey’s Bilateral Relations with Israël. Potential andOpportunities », modérateur : Pr. Ali Ihsan Bagis, Ter-Ar Yayinlari, n° 4, avril 1992, p. 2)La Turquie vota contre la résolution des Nations-Unies préconisant, en 1947, le partage de la Palestine en deux Etats et reconnaissant la création de l’Etat d’Israël. Elle se tint à l’écart, ne prenant pas partie et observant une stricte neutralité, dans le conflit qui éclata, en 1948, entre Israël et les pays…