Cours d’histoire des idées politiques

novembre 24, 2018 Non Par admin

Histoire des idées politiques

Aristote

Aristote nous apparaissait comme un philosophe paradoxale, car d’un coté c’est un homme qui a un fort souci avec la réalité, d’un autre coté du point de vue de sa philo politique, tout son discours demeure centré autour de la cité. Aristote a aussi été le précepteur d’Alexandre le Grand, çà veut dire qu’Aristote est un philosophe contemporain de ladisparition de la cité en tant qu’institution politique indépendante. Les cités grecques existent toujours mais non plus la capacité de s’imposer sur le champ de la politique internationale, elles sont assujetties à la puissance macédonienne.

Pourtant Aristote reste par excellence, le philosophe de la cité, sauf qu’il n’a pas eu conscience de la réalité de faits.
En réalité, les choses sont pluscomplexes. Sur le plan moral, Aristote demeure persuadé que la cité est le seul cadre possible de la vie bonne, heureuse (développement de relations face à face du fait d’une population restreindre et de ce fait, une parfaite intégration du citoyen au sein des institutions civiques).
Cette parfaite intégration va permettre au citoyen de développer une sorte de dialogue politique, qui va stimuleren eux, l’ardeur à mieux faire leur talent. Il va tendre à les rendre progressivement meilleurs cad moralement : plus généreux, courageux, plus mesurés dans leur parole politique, plus expérimenté => plus vertueux.
La vertu dans la pensée philosophique antique n’est jamais une chose triste mais comme un outil de la vie heureuse, non pas dans l’au-delà mais dans la vie terrestre. La vertun’est pas un sacrifice contrairement au christianisme. Elle est pensée comme une discipline, le moyen d’acquérir plus de liberté, d’habilités.

Pour Aristote, c’est la cité qui seule peut permettre à l’homme d’acquérir la vertu par le jeu entre les citoyens => homme animal politique, besoin des autres, du langage pour accéder à sa propre vérité.

En même temps, Aristote ne perd pas de vue quela cité est en crise. Il aura été le 1er à tenter d’en produire une explication générale, qui ne s’attache pas qu’aux petites circonstances locales, et qui essayent de détacher les facteurs généraux, qui permettent d’expliquer pourquoi le modèle civique est en crise à Athènes et ailleurs dans les colonies.

Cela va faire l’objet d’une analyse très subtile développée dans le Livre 1 desPolitiques. Il va introduire une distinction tout à fait nouvelle entre deux types d’économie, deux modèles d’échange.
Il va distinguer entre un 1er modèle centré autour de la satisfaction des besoins familiaux : oikos => économie principalement de production et d’autoconsommation. Elle vise à couvrir les besoins matériels de la vie familiale sans véritablement aller chercher plus loin =>objectif d’ordre biologique. C’est une économie où les échanges sont limités, ils visent à couvrir les besoins que la production familiale n’est pas capable de satisfaire elle-même : le fer, certains outils, les épices, le blé (en Grèce). Mais ce commerce demeure limité et demeure sous le contrôle de la cité.
On est dans la situation d’une politique de contrôle économique, où les finalités de l’activitééconomique ne sont pas autonomes mais déterminées par les exigences de la vie familiale, politique (d’autres fins qu’elle-même).

Aristote oppose un 2nd modèle : la chrématistique ou l’économie spéculative. L’échange va l’emporter sur la production. C’est un modèle où l’activité économique devient sa propre fin. Il ne s’agit plus de satisfaire les besoins de la maison mais dans une logiqued’accumulation pure.
Une économie où la spéculation l’emporte sur le principe de production. Aristote est un philosophe qui n’aime pas le travail sous cette perspective économique.
Dans le 1er cas, l’activité économique sert à couvrir nos besoins, de là on peut s’adonner à des activités comme gouverner la cité, philosopher, faire du sport. Dans le 2ème cas, comme c’est l’échange qui l’emporte,…