Relations internationales

août 18, 2018 Non Par admin

Le choc des civilisations

Fiche de lecture sur l’ouvrage de Samuel Huntington

——————————————————————————–

Depuis la chute du mur de Berlin et la fin du monde bipolaire, les conflits et les affrontements n’ont cessé d’augmenter si bien qu’il est possible de considérer la guerre froide comme un facteur de paix. C’est dans ce contexte del’après-guerre froide que Samuel P. Huntington a écrit « Le choc des civilisations ». L’auteur, qui dirige actuellement l’Institut des études stratégiques d’Harward, a été membre du Conseil national de sécurité au sein de l’administration Carter. Il possède donc une grande connaissance des relations internationales d’autant qu’il participe aux réflexions relatives à la définition d’une politiqueétrangère américaine.
A travers son livre, l’auteur cherche à démontrer qu’à l’ordre bipolaire de la guerre froide s’est substitué un ordre multipolaire basé sur les civilisations ; il en déduit que le XXIème siècle se caractérisera par un affrontement probable des grandes civilisations, conformément à une pensée de Malraux sur la caractéristique du siècle à venir qui est sensé êtreessentiellement religieux.

Après avoir, dans un premier temps, essayé de déterminer quelle est la thèse de l’auteur, il est intéressant de suivre le mécanisme de sa démonstration puis de se demander si cette thèse est pertinente.

La thèse de l’auteur.
Samuel Huntington part du constat que les distinctions essentielles entre les individus ne sont pas de nature idéologique, politique ou économique maisculturelle, car le monde est en butte à une crise générale d’identité. Lorsque les peuples s’efforcent de répondre à la question : qui sommes nous ? leur réponse fait référence aux ancêtres, à la religion, à la langue, à l’histoire, aux valeurs, aux coutumes, aux institutions. Il en déduit que les peuples s’identifient à des groupes culturels qui reposent sur la religion, disons sur un système depensée. Pour se déterminer et pour savoir qui il est, l’homme cherche au premier chef à définir qui il n’est pas. La reconnaissance identitaire ne s’effectue pas par une accumulation de traits commun, mais par une opposition aux autres : « Je suis Occidental parce que je ne suis pas musulman, confucéen, hindou, etc. »

Les Etats-nations qui constituent les principaux acteurs de la scèneinternationale prennent en compte les liens communautaires, c’est-à-dire qu’il regroupent des individus ayant le sentiment d’appartenir à une même aire culturelle. Ce ne sont pas les blocs enfantés par la guerre froide mais ceux formés par des aires possédant une unité religieuse qui dominent les relations entre les pays et qui constituent les civilisations majeures de notre planète. Il en résulte que larivalité entre les différentes puissances a changé de nature : il ne s’agit plus d’une rivalité idéologique opposant le libéralisme au collectivisme, mais une opposition entre des civilisations, des modes de pensée différents reposant sur le fait religieux. Dans ce monde qui s’élabore, la politique locale est celle de l’ethnicité (ou des particularismes locaux) et la politique globale ouinternationale, celle des différences civilisationnelles.

C’est la première fois dans l’histoire que la politique est à la fois multipolaire et multicivilisationnelle. En effet, jusqu’à présent, l’Occident s’était opposé à chacune des autres civilisations ; les techniques et la mondialisation ont pour conséquence le fait que chaque civilisation se trouve désormais confrontée à l’ensemble des autrescivilisations.

Les distinctions primordiales entre les groupes humains concernent les croyances religieuses, les valeurs morales, les institutions et non les aspects physiques (couleur de la peau, taille, etc.). La différence est du domaine de la pensé et non de l’apparence. Un civilisation est constituée par le groupement humain le plus élevé ayant atteint le niveau d’identité culturelle dont les…